samedi 7 avril 2012

Une petite histoire de Maria

Il y a plus de 100 ans, le Dr Maria Montessori, une femme intelligente, à l'esprit très scientifique, s'est intéressée d'une façon tout à fait novatrice, à l'éducation. En particulier, l'éducation des jeunes enfants.

Montessori c'est avant tout un nom, un personnage... Je ne prétends pas vous livrer ici la vraie histoire de Maria Montessori, les biographies gardant leurs grandes parts de romanesque et fiction! Il s'agit, toutefois, de la petite histoire que je préfère.



Portrait en hommage à Maria Montessori sur les billets de 1000 lires.

Maria Montessori nait en 1870 en Italie, dans une famille de la petite bourgeoisie, ce qui va permettre à ses parents de s’installer à Rome, afin de donner à leur fille, une éducation à la hauteur de ses bons résultats scolaires. Elle défit une première fois son père, en devenant ingénieur en Mathématiques (alors que la meilleure position possible pour une femme lettrée à l’époque était institutrice) puis en faisant des études de médecine. Elle doit y affronter la plupart de ses collègues et professeurs masculins qui n’apprécient pas une telle vocation pour le sexe faible. Obligée d’étudier l’anatomie (sur cadavres) la nuit (le cours lui étant interdit la journée), Maria Montessori fait preuve d’une volonté de fer, et deviendra l’une des premières femmes diplômées de médecine en Italie.

Cependant, de nombreuses spécialisations lui sont hermétiquement fermées, et elle va exercer dans le milieu psychiatrique. C’est là, qu’elle s’intéresse à des enfants mentalement retardés. A l’époque, ces « idiots » comme la société les appelle, sont enfermés dans des institutions, dans des pièces totalement dépouillées et mangent directement à même le sol. C’est en voyant ces enfants jouer avec leur nourriture en guise d’occupation, que Maria Montessori va s’intéresser à les stimuler, dans un but tout à fait scientifique. Elle étudie alors les travaux d’Itard sur le petit sauvage de l’Aveyron, et de son successeur, Edouard Seguin. Les méthodes développées par les français portent sur la stimulation sensorielle, que Montessori va adopter et développer sous la forme du matériel sensoriel.

En 1901, ces enfants retardés passèrent leur certificat d’études avec succès ! La popularisation de la doctoresse démarre !
Cependant, Maria a la forte intuition que ces découvertes pourraient servir dans l’éducation des enfants « normaux » , elle se met à la recherche d’une école où elle pourrait expérimenter son matériel. Mais rien de plus difficile ! Pendant ce temps, elle retourne faire ses études dans les domaines de la psychologie, philosophie, anthropologie et de l’éducation…
Un projet de rénovation dans les quartiers pauvres de Rome va alors donner à Maria Montessori l'occasion de travailler avec des jeunes enfants (3 à 5 ans). A l’époque, ces enfants trop grands pour ne pas courir et échapper à la surveillance de leurs parents, mais trop jeunes pour pouvoir aller à l’école, causèrent des problèmes de dégradations dans un ensemble d’immeubles appartenant à un employeur, pour y loger ses ouvriers. L’espace/laboratoire mis à disposition va accueillir entre 50 et 60 enfants ainsi qu’une « enseignante » : la fille (sans aucune formation) de la gardienne. Après plusieurs semaines difficiles, un miracle a lieu ! En effet, n’étant pas officiellement une école, Maria Montessori ne peut commander des fournitures scolaires ou des objets d’apprentissage. La classe est équipée de matériel conçu par la scientifique (mobilier à hauteur d’enfant, une première à l’époque, ainsi que le matériel développé pour les enfants mentalement retardés). Petit à petit, elle modifie le matériel en fonction de l’intérêt de l’enfant, en supprime, en développe d’autres… Elle observe la classe malgré ses nombreuses fonctions (professeur à l’université de Rome, chercheur…) Ces enfants d’ouvriers illettrés apprennent à lire, compter, … et ce, avant l’âge d’entrer à l’école ! En un an (de 1907, l’ouverture de l’école à 1908) elle devient mondialement connue : elle a découvert le monde interne de l’enfant.


Elle démissionne de son poste à l’université et ne va se concentrer que sur « une nouvelle éducation ». Elle formera des éducateurs et écrira beaucoup, voyant le message de sa méthode être faussé. Elle voyagera à travers les continents.
A l’avènement du fascisme, Mussolini la priera de devenir son ministre de l’éducation, poste qu’elle refusera car pour elle, une éducation fondée sur le développement de la libre personnalité ne peut se faire dans un état totalitaire. Elle devra fuir son pays natal et amènera sa méthode en Inde (méthode aujourd’hui encore très active dans cette partie de l’Asie) avant de revenir en Europe. Les associations Montessori sont nombreuses, J. Piaget en présidera en Suisse.
Elle décède en mai 1952, en Hollande, en laissant derrière elle une idée nouvelle de l’éducation, et un fils illégitime, Mario, qui continuera de développer sa pédagogie.

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