mercredi 25 décembre 2013

Pour Noël, réflexions, très personnelles, autour de la morale...


Nous voilà à nouveau à la fin d'une année... Dehors, il fait froid, on se replie à la maison, on se replie un peu sur soi-même pour laisser exploser de belles réflexions. Aujourd'hui voici le fruit de mes réflexions sur la morale, nées d'une de mes lectures. Attention amis, je risque de te raconter ma vie (il est encore temps de zapper) : c'est un peu une page d'un journal intime... ouai, ok, pas si intime que ça... 
Pour être toute à fait honnête, ce billet est destiné à quelqu'un de proche et qui ne me comprend pas. Bref, je vais en profiter pour expliquer/justifier mes choix de vie. Car non, je ne fais pas les choses en fermant les yeux, parce que "c'est la mode"... mon chemin est le fruit de beaucoup de réflexions. Comment? Pourquoi en être arrivé là? Je dois avouer que tout n'est pas le fruit de ma volonté. Sans doute le destin? 



Comme tout bon livre à suspense qui se respecte, commençons par la fin de l'histoire :
Alors, vous savez qu'après la pédagogie Montessori, que nous appliquons chaque jour à la maison (et qui donne de superbes résultats, et tellement, tellement de joies dans ma vie de maman) j'ai également tourné la tête vers la pédagogie Steiner-Waldorf, afin de faire entrer plus de créativité dans nos vies.
Il s'agit d'une pédagogie que je connaissais peu... et donc, pour me familiariser, je me suis plonger dans les bouquins (ouai, ouai toutes les excuses sont bonnes.) Et voici que je tombe sur la sagesse cachée des contes de Grimm.  
J'ouvre ce livre et surprise! Contenu hyper anthroposophe. Bon... je me dis que je vais tout de même le lire et prendre ce que je veux... en laissant de côté le reste (comprendre le "spirituel"). Bref. je conte (ahaha) en prendre l'essence !
conte + morale = vous voyez où je veux en venir?  

Eh bien, pas du tout!
Justement l'auteur affirme qu'il y a beaucoup plus qu'une morale dans chaque conte (genre toujours écouter sa maman, lol, la phrase qui m'a toujours barbée) et là, cela devient très spirituel -_- mais j'adore! J'adore car il flirte avec des notions que l'on peut rencontrer dans les œuvres de Krihnamurti / Jung / ou de Maud Séjournant / Ruiz. Ouai, parce que tout de même je suis un peu une fille spirituelle et que j'aime passionnément ces auteurs. 1ère claque! Je ne lâche plus ce livre. Il y a tellement plus à comprendre dans chaque contes de notre enfance (certains m'échappe un peu tout de même) et je lis et lis les contes et leur signification.

Et paf! Grosse claque number two (ouai je gère l'anglais)! Je tombe sur le conte de "l'esprit dans la bouteille."
Voici le résume rapide du conte : un bûcheron donne toutes ses économies aux études de son fils . Il est tout à fait brillant mais l'argent vient à manquer et il doit retourner au pauvre logis. Surprise, il le fait avec le sourire car il est sûr de sa bonne étoile... En attendant il veut aider son père. Celui - ci se moque de lui car il n'est pas manuel/costaud (dur pour faire le boulot de bûcheron, en effet) malgré tout, ils vont travailler et à la pause déjeuner le père se repose et le fils part en ballade, la tête levée espérant trouver des nids d'oiseaux... Petit rêveur!! Au pied d'un chêne il trouve une bouteille enfuie. Un premier génie en sort, plutôt pas très sympathique puisqu'il envisage de tuer le fils. Celui-ci s'en sort grâce à son intelligence et permet à un 2e génie d'exaucer ses voeux...
Au delà de la signification littérale du conte dans lequel je me sens proche (les études, l'opposition injuste des intelligences manuelles et intellectuelles) l'auteur nous livre une interprétation plus profonde. Chaque conte a comme sujet l'individu (toi et moi, oui oui). Tout s'y rapporte! Les personnages en sont les facettes  le père représente notre passé : ce qui fait que l'individu est celui qu'il est aujourd'hui (les joies, les épreuves). Le fils est notre futur. Et ce fils/notre futur est clairement orienté vers la sphère de la pensée (il est étudiant, tête en l'air.)

Soudain cette pensée rencontre le sol qu'il faut creuser : c'est l'image de la volonté. 

Quand savoir et volonté se conjuguent tout devient alors possible : c'est ce que symbolise l'image du génie. Mais attention car l'énergie ainsi libérée peut être destructrice ou constructrice. Cela dépend de la morale à prendre ici dans le sens de l'éthique. Soit le savoir est utilisé pour l'ensemble de l'humanité soit il est utilisé pour soi, de façon purement égoïste...

Et cela se rapporte à mon histoire personnelle... Il m'est arrivée de me confronter au 1er génie (durant ma thèse)  là-bas, le savoir était utilisé à des fins personnelles. Ce n'est pas la faute des individus (j'espère) je l’attribue plus au fait des évaluations des chercheurs (où chacun surveille l'autre et garde pour lui des trouvailles afin de publier/gagner des points/ avoir de l'avancement personnel / ... ).  Attention, pas de généralités ici, car j'ai eu l'occasion de travailler dans d'autres labos où ce n'était absolument PAS le cas. Bref, effacée, là-bas, ma belle notion naïve de tous ensemble faisons avancer l'humanité.

Inutile de vous dire que je détestais aller y travailler. Et me voici, ombre de moi-même, totalement déprimée par la situation (ouai, faire toutes ces études pour... ça! Et je serrai les dents, parce que, au final, mon job était plutôt pas mal (j'avais fait l'expérience de petits boulots de vacances : serveuse, agent de production, caissière)... je n'avais pas à me plaindre, non?

Le chemin s'est ouvert tout seul... 
Mon 2e enfant est arrivé, telle une surprise de la vie (comprendre on a pas fait exprès lol.) Et là, ce fut un tremblement de terre parce que je ne sais pas si vous êtes capable d'imaginer ce que c'est d'être enceinte en pleine thèse (surtout quand l'entente est moyenne avec les encadrants.) A mon retour de congé maternelle : pression, mise au placard, vol de données et de publi : ça fait mal! 
Que faire? Dois-je renoncer à mes convictions et continuer à travailler auprès de gens à basse éthique dans une espèce de mauvais comédie? Ou bien, vivre de façon plus juste et arrêter ma thèse (c'est à dire, vivre un cruel échec, avec un seul salaire pour 4 et de très très faible chance de trouver un emploi)? Qu'est-ce qui compte le plus pour moi?

... toi, tu aurais fait quoi? 

Je me dis désormais, que le destin était en marche depuis cet enfant et qu'il n'avait pas encore finit de me guider... Dans les pressions que j'ai subi, je citerai ici la dernière : on m'a convoqué chez le directeur de l'école doctoral (un peu le grand méchant loup, craint par tous les thésards) sur le motif que je voulais démissionner (jolie dénonciation, lol, alors que je m'accrochais tant bien que mal à ma thèse et affrontais de jolies crasse : mouai, certains individus ne reculent devant rien.) 
Alors que j'étais dans ce bureau, au max de mon trac (allé, osons carrément le dire : MEGA stress genre mains moites, tremblements et tout) le grand méchant loup (on continue sur les symboles si vous me permettez) m'apprend encore beaucoup de nouvelles injustes. Et là, BOOM, j'ai vécu une expérience spirituelle (genre, si je vous raconte vous ne me croirez pas)!! Mais la chose la plus importante, ce qui m'a frappé à ce moment, c'est que ce choix m'apparaissait clairement et cette expérience m'a permis de bien le comprendre ce qui était en jeu dans l'histoire : mon moi profond (c'est un peu comme si le destin me trouvait un peu lente à comprendre et m'a secoué un bon coup) un virage à 90°, un truc hyper radical!

Et là, j'ai décidé de sourire!
Si si :)
J'ai décidé de sourire au grand méchant loup qui avait retrouvé sa figure humaine (j'ai même eu un peu de peine pour eux... enfermés dans cette comédie. Pour moi, en un instant, plus de stress, plus de mots pour tenter de concilier tout ce petit monde). J'ai juste souris.
J'ai décidé de faire confiance à la vie, puisqu'elle avait décidée de s'imposer à moi.
J'ai décidé de suivre la voie de la morale, de l'éthique, de la chose juste.

Et puis, oui, cela fait 3 ans que je suis toujours cette voie... Au début laissez-moi vous dire que c'était pas facile!!! Mais, je suis un peu obstinée et j'ai décidé d'apprendre un savoir plus éthique : celui du respect de l'enfant et de ses apprentissages. Et PAF, nous y voilà, je me forme à un nouveau savoir, celui de la pédagogie Montessori (et, promis, je ne vais pas me lancer dans l'histoire de comment la vie m'a mise X fois devant la pédagogie Montessori avant que je comprenne (le destin a décidément bien des raisons de me trouver un peu len-lente.) 
Bref, cela m'a frappé : la lecture de ce livre m'a permis de voir tous ces événements de façon différente. Finalement, tout s'est imbriqué d'une façon quasi parfaite, quasi magique.

Voilà la morale de mon histoire.
A ceux (à celui très précisément à qui est destiné ce billet) qui disent que j'ai fait tout ça pour ça (toutes ces années d'études, toute cette confiance, tout cet argent), j'ai envie de répondre que si j'avais su la récompense qui m'attendait à ce moment précis, j'aurai encore fait plus. Ne suis-je pas récompensée tous les jours par la plus grande des richesses...?

Je terminerai ici, par la conclusion de l'auteur, au sujet de ce conte de Grimm : le savoir est l'avenir de l'humain, c'est ce qui, uni à la volonté, nous sauvera de notre condition.


JOYEUSES FETES


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