lundi 6 juin 2016

Le chaînon manquant

J'ai à nouveau beaucoup de choses à partager avec vous... entre nouvelle proposition de loi, décret menaçant l'essence même de l'ief, notre contrôle pédagogique, ou encore la première vidéo des Manele (iciiiiiiiii.)

Pourtant, la nécessité d'écrire sur les émotions m'est apparu en premier (vu la pagaille sur les réseaux sociaux à la suite de l'annonce du décret secret, ça n'est pas si hors sujet que ça...)

Ce n'est pas la première fois que j'écris sur l'émotionnel et j'ai fait de belles et généreuses découvertes depuis que j'ai commencé à faire des recherches là-dessus. Il y a un an, j'ai même suivi un stage de gestion des émotions avec le cheval.

Au quotidien, nous appliquons la CNV (communication non violente selon Rosenberg) depuis 6 ans à la maison.

Pourtant, j'ai l'impression de ne rien gérer du tout! 

Avec toutes ces injustices à longueur de temps... je me sens... dépassée.

Et oui... j'suis encore en mode GIF ;p

Je fais partie de ces nombreux occidentaux incapables de gérer stress, colère ou joie. Je fais partie de ces nombreux occidentaux qui ne cède pas à la brutalité envers les autres que ce soit par des coups ou par des mots blessants.

En fait, je fais partie de cette belle et grande population qui ingère leurs émotions.

Une émotion? BLOP! Avalée!

Voilà pour moi ce qu'était la gestion des émotions jusqu'à récemment! Et ensuite, dans le calme (apparent) et le sourire béat de la mère et épouse parfaite, avoir une belle et grande discussion autour d'une tasse de thé. J'avais l'impression de faire ce qu'il fallait, de suivre le manuel et de passer tout de même à côté de quelque chose d'important.

La partie sourire et tasse de thé ne sont pas à jeter. Cependant, il manquait à tout cela une étape absolument nécessaire.

L'enfant imite les parents et si les adultes imitaient aussi les enfants?

C'est encore, et encore, mes enfants qui m'ont montré la voie (ce sont nos maîtres, et non l'inverse!) Alors je vais vous poser une série de questions dont vous aurez systématiquement la réponse : 

" - Que fait un enfant quand il éprouve de la joie?"

"- Il saute de joie, il court, il hurle!"

" - Que fait un enfant quand il s'est fait mal, quand il est triste?"

"- Il pleure pardi!"

" - Que fait un enfant quand il est en colère?"

"- Il hurle, il gesticule dans tous les sens, il EXPLOSE!"

Et est-ce que vous sentez arriver LA question piège?

" - Que faites-vous quand vous éprouvez un stress, une colère, une grande joie, un chagrin?"

Votre réponse va être nuancée, vous allez certainement me dire que cela vous arrive de pleurer. Que cela vous arrive de crier un bon coup!

Mais, combien de fois par jour le faites-vous? Combien de fois par jour ressentez-vous du stress? 

L'exprimez-vous à chaque fois? Non, bien entendu, vous ne pouvez pas vous permettre de vous rouler par terre en plein milieu de votre bureau!



Comment libérer ses émotions?

En partant du principe que vous savez déjà repérer la plupart des émotions qui vous assaillent chaque jour (mais franchement, notre éducation a passé tellement de temps à nier nos émotions, que nous sommes nombreux à ne plus recevoir les informations), comment les vivre pleinement sans être ridicule en public et sans les ravaler?

Le Dr Tal Schaller propose quelques exercices dans ses vidéos, afin de sortir les émotions par le corps que ce soit la peur, la colère... oui, vous allez voir que ce Mr est un Personnage! 

Exprimer l'émotion par le corps, voilà le chaînon qui me manquait! 

Comme chacun est différent, il existe aussi d'autres solutions, comme l'écriture! J'ai beaucoup écrit d'ailleurs, mais je ne peux pas toujours sortir mon petit cahier, alors que l'exercice du tigre se fait à peu près partout où il y a des toilettes (cf la vidéo de la colère ci-dessus)! Il y a aussi les exercices de respirations et notamment des grandes expirations (surtout les soupirs!)

Quand l'émotion est sortie, il reste quoi?

Il reste la paix en soi. Les muscles se dénouent. L'esprit s'allège et c'est alors que nous pouvons passer aux autres des messages bienveillants. C'est seulement à ce stade que je peux utiliser les outils CNV et que je peux faire preuve, intégralement, d'empathie (c'est à dire que je ne sors pas machinalement les mots qu'il faut, mais que je me mets vraiment à la place de l'autre).

A l'inverse, et si les malaises et maladies étaient des signaux nous demandant de reconnaître nos émotions et de les exprimer? Il paraîtrait que les personnes violentes sont en très bonne santé...

Alors, on se fait un petit récap'?



Je ne peux pas m'empêcher de vous laisser sur une dernière réflexion : 

Je me souviens de l'interview d'une psychologue qui disait qu'elle n'avait jamais vu, nulle par ailleurs qu'en Italie, des individus si émotionnellement sains. Elle décrivait ensuite une scène, où une mama italienne, chassait une dizaine d'enfants de sa cuisine en s'exprimant à grands cris! Pour cette scientifique, cette femme était un modèle pour ces enfants et elle se questionnait sur cette mode de la parentalité positive où le cri des parents est vu comme un échec.

Vous vous doutez bien que cet interview m'avait interpellé! 

Tellement, à vrai dire, que j'avais fermé l'article de rage (la mama italienne n'hésitait pas à donner des coups de cuillère en bois) et j'ai totalement oublié de relever le nom de la psychologue en question.

Je lance donc un appel aux cris, aux rugissements... pour la forme. Avec cette nuance importante : la violence verbale contre l'autre reste interdite. 

Je poursuis donc ma propre éducation en parallèle de celle de mes enfants, tout en nuances et en équilibres. Et toutes ces petites découvertes personnelles qui me font avancer. Hourra!


p.s. le blog va bientôt migrer et fusionner dans un beau projet regroupant mes divers centres d'intérêts (créativité, éducation, permaculture, végétarisme, ... ) No souci, tout sera là, plus beau et digeste, dans une cohérence étonnante. 

1 commentaire:

  1. Intéressant, merci pour le partage !
    Quant à l'Italie une dizaine de jours là-bas m'ont donné l'impression que le papa et la maman étaient impliqués, présents sans être étouffants. :)

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