mercredi 12 août 2015

Voyage spirituel en Chine

Mi-juillet, j'a eu la chance de pouvoir assister à la conférence du grand maître chinois Zhiguang. Thème : le bonheur. Rien de moins!

Enfin je trouve un peu de temps pour vous parler de cette conférence! Quel moment magique!

Le grand maître Zhiguang est bien entouré. Dans l'attente de commencer, il n'est pas visible. On nous donne le CV du grand maître (4 pages, très impressionnantes, puisqu'il enseigne en université et partout dans le monde.) Petits mots de présentations de ses disciples qui nous disent et insistent bien sur la chance que nous avons d'entendre la sagesse qui va suivre. Le grand maître ne parle que chinois, nous avons donc la présence d'un traducteur anglais (et un casque, nous sommes au conseil de l'Europe à Strasbourg, j'ai passé le portes de sécurité et tout et tout!) Tout le monde est prêt (la salle est pleine)...

Le grand maître arrive et je dois avouer qu'il a une présence, une prestance simplement hallucinante. Il nous sourit et ne perd pas de temps. Parlons du bonheur!

La Chine a la chance (mais en perte de vitesse avec l'occidentalisme massif qui touche le pays) de baigner dans différents courants : Confucianisme, Taoïsme, Bouddhisme. C'est à travers quelques miettes de chacun de ces courants que nous allons explorer ce qui permet (un peu) d'approcher le bonheur, même pour les occidentaux (et les exemples seront pris en conséquence de nos lacunes, j'imagine.)


1. La piété filiale
Confucius
Et oui, on commence (du côté de Confucius) avec un thème cher à mon coeur : l'éducation.  Je souris, car j'ai toujours eu l'intuition que c'est bien par là que tout commençait... D'après Confucius, la 1ère grande vertu est de garder une relation harmonieuse avec nos parents tout au long de notre vie. En Chine, les enfants se doivent d'être polis et avoir une attitude respectueuse envers leurs parents (au risque de faire perdre la face à toute la famille).
Comment? Il s'agit de prendre soin des uns et des autres dans le foyer. Ici, la responsabilité concerne d'abord la bonne éducation en famille, les soins, l'amour que les parents donnent en attendant en retour de la part de leurs enfants, loyauté, gratitude.
Il est important de prendre en compte les émotions des autres. Ainsi, les enfants sauront plus tard comment traiter les autres. En conséquence, une société plus harmonieuse, un monde en paix. Simple... la paix commence dans le noyau familial et doit être nourri dès le plus jeune âge. Dans un foyer harmonieux et aimant.

Parenthèse personnelle
Pour moi, cela revient à donner les outils, socialiser nos enfants dans le giron familial. Et oui, je vais passer à une petite réflexion personnelle, puisque nos enfants ne sont pas scolarisés et que l'on s'inquiète ENCORE ET ENCORE de leur socialisation. Pourquoi ne voulons-nous pas voir que le système scolaire n'est qu'un ersatz de socialisation, qui n'apporte aucun outils, seulement une espèce de violence sociale (oulala je m'étonne moi-même d'y aller aussi franco)? De très jeunes enfants, qui n'ont pas encore intégré les règles de savoir-vivre, sont propulsés dans la vie en grand nombre et dans des relations sociales complexes. Sans savoir gérer, sans avoir appris à le faire!
Oui, mes enfants ne vivent pas en troupeau du même âge 5 jours sur 7. Par contre, ils reçoivent une éducation sociale, des outils de règlement de conflit et un développement de leur intelligence émotionnelle. J'ai bien regardé : ce n'est pas au programme des niveaux de maternelle ou de primaire. Cela ne peut se faire qu'en famille (ou avec des enseignants qui sont eux-même sur un chemin de développement personnel, chance aux petits écoliers). Et je rejoins parfaitement notre conférencier sur ce point.
Note : je vous promets que mes enfants ne vivent pas reclus et prostrés mais intègrent au quotidien les règles de vie et les mettent en pratique lors de leurs activités extra-scolaire, leurs nombreuses sorties dans le vrai monde...

2. La critique franche.
On voit donc que tout commence donc par l'amour de ses enfants. On connait bien l'image d'Epinal de la Chine, où le fils par loyauté à sa famille est capable de se sacrifier. Mais cela ne va pas que dans un sens... Le grand maître nous fait part d'une réflexion bien connue.
Un roi qui a 7 ministres qui critiquent franchement ses fautes, donnent leurs avis, ... ne perdra jamais son pays. 
Idem avec 1 ministre et 4 maires. 
1 maire et 3 conseillers. 
1 conseiller et 2 amis
... et 1 parent qui a 1 enfant qui critique ses fautes franchement (mais tout en respect) ne tombera jamais dans la malveillance. 
Un foyer plein d'amour permet d'avoir des enfants à la fois respectueux et capables de rester vrais et de parler à ses parents avec franchise (même de le critiquer). C'est pas beau ça? Arriver à ce niveau de relations humaines... le rêve!


3. Nos pensées et nos actes ont toujours un résultat qui suit
Passons maintenant à l'influence de Lao Tseu qui dit que les désastres, comme les bénédictions sont appelés, décidés par nos pensées, nos paroles et nos actions. Nous rejoignons ici totalement le principe de la loi d'attraction (démocatisé par le film et le livre Le Secret). On peut également le comprendre par le fait que faire du mal aux autres, c'est se faire du mal à soi (les enfants le comprennent très bien dans l'harmonie du foyer, retour au point 1.)




4. Les sutras bouddhiques
Petit rappel : le bouddhisme n'est pas une religion mais un système d'enseignement pour connaître l'illumination. Ce n'est pas les paroles d'un Dieu, mais d'une personne, le Buddha, une personne au final HEUREUSE. Et cette personne donne plusieurs codes à mettre en place dans sa vie, pour connaître aussi le bonheur... (il ne reste plus beaucoup de temps pour finir la conférence, ces points sont balayés rapidement, mais sont pourtant essentiels.)



- Sélectionner son entourage et rester éloigné des égoïstes afin d'éviter leur influence. Suivre les sages pour pouvoir, avec un peu de chance, acquérir un peu de leur sagesse.
Le christianisme nous apprend à donner de notre temps, de notre argent et pour aider notre prochain, qui que ce soit (et d'autant plus s'il s'agit d'un négatif chronique). Nous, occidentaux, aimons donc passer notre vie avec des personnes toxiques, en espérant leur apporter quelque chose... aie! Sélectionner les gens avec qui nous vivons chaque jour, (tout autant que choisir nos occupations du point 3 puisque leur entourage au quotidien va influencer directement nos pensées). Et laisser les personnes toxiques aux grands maîtres (qui savent comment les gérer, et c'est pas facile même pour eux, lol.)
- Apprendre (et communiquer l'amour d'apprendre), faire avec ses mains (être utile à la société en étant vraiment très bon en quelque chose, suivre sa passion donc), vivre avec discipline (être responsable de chacun de ses actes, même les plus anodins, et éviter de dériver dans les drogues et alcool qui supprime notre part de responsabilité en nos actes), parler avec gentillesse (avec des motivations bienveillantes).
Cela rejoint beaucoup les systèmes de croyances toltèques et natifs américains (ou chamanisme si vous préférez) qui expliquent notamment qu'il faut marcher sa parole (faire ce que l'on dit.)

Petit apparté numéro 2 : D'ailleurs d'où viennent les expressions magie blanche et magie noir? La magie = l'âme agit, l'â-meagit. La magie c'est donc l'action de l'âme dans le monde incarné. Comme le précise Don Miguel Ruiz dans les 4 accords toltèques, nos actions peuvent donc être bienveillantes (magie blanche) ou non (magie noire) c'est à nous de choisir. Nos actions mais aussi nos paroles. Des paroles mal intentionnées (comme les fameuses critiques, les jugements qui nous font mal) ne sont rien d'autre que de la magie noire. Comment ça? J'vous ai donné envie de reposer votre magazine people venimeux? Oooops... pardon!

- Donnez du support à sa famille. Non seulement matériel mais surtout émotionnel, c'est à dire de s'engager dans des occupations pacifiques (pour ne pas engendrer trop de stress à ses parents) et rester fidèles (le couple reste le pilier du foyer.)
- Etre chaque jour, plein d'humilité, de gratitude, de révérence et de contentement. Un des grands pouvoir de la gratitude (et des exercices du soir qui vise à remercier 5 choses de la journée) est de rendre nos pensées plus positives (et là on vise le point 3 plus haut.) Comprendre nos sentiments permet également de contrôler nos pensées.
- Il n'y a pas qu'un seul standard de vie. Il y a surtout le sien.
- Se rendre compte que tout n'est qu'illusion. Nous interprétons tous différemment ce qui nous arrivent, avec notre mental. Un évènement aura donc un impact différent sur chaque personne. Nous vivons chacun dans notre propre rêve (différent pour tout le monde.) Don Miguel Ruiz dans son livre du 5 accord toltèque le décrit merveilleusement. Et cela rejoint le 2e accord totltèque : ne rien prendre personnellement.

La conférence se termine. J'ai traversé en 2h toutes les émotions possibles, de joie, de tristesse... et le sentiment que toutes les philosophies se rejoignent sur tous ces points. Une vague m'a submergé pendant que le temps s'arrêtait. Heureusement que mes notations ont subsisté pour pouvoir vous transmettre ces petites doses de réflexion... Bien que je parle en effet beaucoup d'éducation dans ce blog, je suis, personnellement, sur un chemin spirituel très éclectique et je suis convaincue que ces 2 mondes (éducation et spiritualité) doivent entrer en contact. C'est enfin chose faite, dans cet article, grâce à ce grand maître bouddhiste, dont le livre n'est malheureusement pas encore traduit (snif.)

Et maintenant LA question qui m'intéresse... quel spiritualité donnez-vous à vos enfants? N'est-ce pas un merveilleux cadeau ou pensez-vous à un carcan qui enferme la liberté de choix? A vous!

1 commentaire:

  1. Un petit message rapide pour te remercier de ce petit compte rendu très intéressant. Je repasserai pour répondre à ta question :)

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