vendredi 7 février 2014

Lettre ouverte à tous ceux qui décrient l’éducation non violente.

Voici un billet de la maman des p'tits pois. Ces paroles résonnent tellement en moi, que j'ai voulu les partager avec vous...
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J’avais envie d’écrire à tous ceux qui décrient l’éducation non violente …
A tous ceux qui parlent de nos enfants comme des animaux que l’on doit bien dresser .
A tout ceux qui nous critiquent et nous traitent de laxistes .
A tout ceux qui nous jugent sans réussir eux-mêmes à élever leur enfant .
A tout ceux qui argumentent pour m’expliquer que la fessée ça n’est pas de la violence .
A tout ceux qui croient dur comme fer avoir raison, qui s’enferment dans leurs idées .
A tout ceux qui me rient au nez quand je parle de "parentalité positive" et qui me demandent en gloussant "Ah ouais et la parentalité négative ça existe ??".
A tout ceux qui ne sont pas choqués de savoir qu’une loi interdit de frapper un animal mais aucune loi concernant la violence sur nos enfants .
A tout ceux qui me prennent pour une illuminée avec mes quelques livres si précieux .
A vous.
Je voulais vous dire à quel point j’ai mal de connaître vos pensées . J’ai mal d’entendre qu’un enfant doit prendre des fessées pour que "ça file droit".
Je souffre de voir à quel point vous avez oublié ce qu’est un enfant .
Je m’interroge sur votre persévérance et votre volonté de rester sur vos positions .
Pendant des dizaines de générations, l’enfant a été élevé  à la dure, quoi qu’on en dise, même si ça n’a pas été le cas chez tout le monde, la violence éducative était chose commune … Vous parvenez ( enfin, je crois) à accepter des évolutions ou des remises en question dans des tas de domaines mais alors pourquoi n’en est-il pas de même avec  le domaine de la parentalité ?
Je sais ce que vous allez penser, je vous écris ce soir et vous vous sentez jugés et critiqués alors que vous pouvez aisément pointer vers moi  mon manque de solutions pour faire autrement .
Non, je ne vous laisserai pas dire que vous ne pouvez pas faire autrement . Même si je ne donne pas de solution tout faite, même si le chemin pour trouver un équilibre peut être long …
Même si vous avez été élevé comme ça.
Même si être parent c’est très difficile .
Je ne peux pas m’y résoudre.
Je ne peux pas croire que si je pouvais avoir une discussion avec chacun d’entre vous je ne parviendrai pas (un peu) à vous convaincre .
Je pourrai vous dire que  moi aussi je criais souvent, moi aussi je suis parfois excédée par mes fils, parfois dans un élan de colère, j’ai un geste que je juge trop brusque . Mais ce qui se passe dans ma tête quand je fais toutes ces choses, c’est la base de ma parentalité .
Je vous dirai que pour moi, la base, c’est le sens.
Il n’y a pas de sens à hurler sur un enfant qui flanque un verre d’eau par terre, donnez lui plutôt un nécessaire pour nettoyer .
Il n’y a pas de sens à laisser hurler un bébé pour qu’il fasse ses nuits, même si votre pédiatre a dit qu’à quatre mois un enfant devait faire ses nuits .  Pensez-vous que l’enfant arrête de hurler un jour subitement car il était le moment pour lui de faire ses nuits ou plutôt car il s’est résigné à ne plus pouvoir compter présentement sur les seules personnes qui comptent pour lui ?
Il n’y a pas de sens à donner une fessée quand un enfant fait une crise, peu importe la raison, peu importe la nature, peu importe l’intensité .  Mon fils fait de violentes crises parfois, par jalousie, car il a du mal à exprimer ses émotions, pour tout un tas de raisons qui font que concrètement la fessée n’aurait aucune utilité en plus d’être vexante et humiliante pour l’enfant et de placer le parent dans un rapport de force complètement stérile et inutile .
Il n’y a pas de sens à croire qu’un enfant n’a qu’un seul but dans la vie c’est nous tester .
Je vous parlerai encore  du sens .
Je vous interrogerai sur la raison qui vous pousse à agir ainsi.
Je vous montrerai peut-être cette vidéo :






Peut-être que si vous donnez des gifles, vous en avez reçu vous même.
Peut-être pas, peut-être que vous donnez des gifles et des fessées car vous n’avez connu autour de vous que ce type "d’éducation".
Je ne sais pas, ça m’importe peu la raison au fond .
J’essayerai de vous  montrer que je suis pas une donneuse de leçon mais juste une convaincue .
Je suis utopiste ? C’est là ce que vous pensez ?
Utopiste, je ne sais pas, mais je ne me résous pas à baisser les bras et à me taire pour entrer dans la masse .
Je me dis que c’est pas possible, je dois bien pouvoir apporter ma pierre à l’édifice .
Parce que  l’éducation de mes enfants est ma préoccupation principale dans la vie, comme celle de tas de parents qui seraient réceptifs à mes interrogations sur la bienveillance .
Parce que déjà tellement de parents m’ont dit "Merci" de les avoir guidé vers une autre façon de voir les choses.
Parce que c’est un peu mon combat.
Pour la mère et l’instit que je suis.
Pour tout ceux qui me solliciteront pour échanger car je leur aurai donné de l’espoir .
Pour vous .
env
Voici la peinture de la colère de mon fils de trois ans . Il a pu taper sur sa feuille avec ses mains trempées dans la peinture aussi fort qu’il était en colère aujourd’hui.
Un "Maman ça fait du bien" a mouillé mes yeux .
A partager sans modération .

4 commentaires:

  1. lu, relu et partager cet article maintes fois .... Pour moi aussi, ces paroles raisonnent en moi tous les jours ;-))

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  2. Parfois ça va mieux en le disant!
    Les mots peuvent manquer, tant les sujets sont durs. Ici ils sont justes, parfaits.

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  3. Merci d'avoir écrit au nom de tant de maman qui font des efforts pour rester bienveillante malgré leur éducation, malgré la société, malgré les reproches, malgré les regards...
    Merci de donner du courage à toutes ces mamans qui veulent autres choses et qui se sentent seules. MERCI
    sandrine

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  4. C'est vous les filles qui le dites toutes si bien : être bienveillantes, chaque jour, ce sont des efforts, un véritable combat contre les autres parfois, contre soi souvent...
    Un combat solitaire alors que curieusement nous sommes de plus en plus nombreuses...
    C'est dur mais j'espère vraiment que nourrir nos blogs nous permet de nous sentir toutes liées, toutes épaulées bien que séparées par des km!

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