jeudi 23 mai 2013

... et je ne suis jamais allé à l'école

Je sais je suis pas super à jour dans mes lectures. Ce livre je l'ai désiré depuis longtemps (paru en 2008 tout de même) et j'ai enfin pu me l'offrir. Quel délice!


Voici entre mes petites mains, le livre d'André Stern. Petite présentation, monsieur est le fils d'Arno Stern, inventeur du jeu de peindre (je vous en parle ici.) Il a donc la chance d'évoluer dans une famille portée sur les interrogations de la nature de l'Homme et de l'enfant. Sa vie sera son école et il partage avec nous ses souvenirs d'enfant.

Le livre est divisé en 3 parties : avant son enfance (petite histoire de sa famille), pendant son enfance (on retrouve surtout des souvenirs de ses 10 ans et plus) et enfin après... Benh oui! C'est toute la question : que deviennent ces enfants lâchés dans le quotidien de notre société?
Je vous donne la réponse tout de suite? Dans cet exemple de vie, André apparaît comme quelqu'un de cultivé et sachant réalisé, créé avec ses 2 mains. Un être parfaitement accompli en quelque sorte...

Son témoignage évoque beaucoup de lectures. Ses parents font entrer dans leur maison de nombreux livres. Des vrais! Pas de livre de jeunesse... Des livres plein d'information, de photo, de la technique, de l'évasion (géographique donc réelle) et de la littérature. Et ce jeune enfant de consommer tous ces écrits comme une essence de vie même. Ses parents le laissent vivre ses passions, une à une, agissant discrètement pour le soutenir. Et il va entrer profondément dans les domaines qui l'attire un à un. On ne peut s'empêcher de penser ici à la méthode des écoles Steiner Waldorf, qui abordent les matière une à une (4 semaines de chimie par exemple, pour approfondir, rester dedans car rien n'est pire que de passer d'une chose à l'autre n'est-ce pas?)
Autre grande différence par rapport aux autres enfant (notée par l'auteur) c'est qu'il n'entre pas dans ses passions comme un enfant, mais comme un humain. Je m'explique : personne ne lui dit que ce n'est pas pour lui, pas de son âge. Il n'est pas traité comme un être en miniature qu'il est rigolo de voir fabriquer des choses comme un adulte, non. Ce qu'il fait, c'est du sérieux et tout le monde le prend au sérieux...
Pour construire une locomotive il s'intéresse à la thermodynamique, pour des objectifs d'appareil photo à la géométrie... Les maths, la chimie, le langage sont appliqués. Il apprend ce qu'il doit apprendre parce qu'il en a besoin. Il est toujours dans le vrai, dans le réel.

Mais oui, c'est bien beau tout ça... mais ensuite, comment trouver un métier sans diplôme? Question qui renvoie immédiatement à ma lecture du moment : la tyrannie de l'évaluation car se définit-on soi-même et ses compétences par des outils de mesure que l'on rencontre sur notre route (donc le BAC etc...) ?????? Je ne résisterai pas de vous rédiger un petit quelque chose là dessus, c'est promis...
Alors? Les enfants sans l'école = futurs chômeurs?
Surement pas. D'autres voies existent si nous cherchons autre chose que l'emploi alimentaire et la carrière. Un métier qui nous sied, nous ravis, nous colle à la peau... André Stern est (entre autres) luthier. Personnellement, c'est un métier qui m'a toujours fait rêver (surtout pour les violons.) Donc me voilà, clairement éblouit par sa vie. Un monsieur brillant voir carrément INTIMIDANT.

Bref, chapeau à ses parents pour qui cette voie était juste naturelle.

Et euh, oui, oui, lisez-le!! Parce que, en plus, le sous-titre c'est : histoire d'une enfance heureuse. Je crois que tout est dit :)



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